On fête cette année les 50 ans du Groupe
de Recherches Musicales. Je me suis donc rendue hier à un concert à la
Maison de Radio France, en présence de François Bayle, chef de file de la
musique expérimentale depuis les années 1960.
Pour vous donner une idée de ce que sont la musique concrète et la musique
expérimentale,
cliquez ici.
Cinq morceaux, cinq compositeurs, de quoi se faire une opinion?
Commençons par feu Claude Ballif, et son
Points-Mouvements. Le compositeur cherche à "entrer dans le son".
Enfin, pour un béotien, les sons s'apparenteraient plutôt à des bruits mis en
scène, une sorte de transfiguration du réel qui vise à son immanence dans la
salle de concert.
Robert Hampson, 42
ans et venu d'outre-manche, nous livre une composition, Dans le
lointain, où l'on réalise à quel point les sons peuvent avoir un fort
pouvoir d'évocation. J'y ai donc entendu une vague sur une plage, une autoroute
devenant tunnel, les bruits d'une nuit d'été, un magasin d'horloge à la façon
de Dark Side of the Moon (1973, déjà!). Il s'agirait donc en fait d'un
voyage, d'une mosaïque musicale d'une force inouïe, sublimée par la spacialité
du son dans la salle.
A partir de la troisième pièce (Dimitri Coppe, Christine Groult et François
Bayle), j'ai commencé à percevoir à quel point il est possible de pousser loin
les frontières de l'exploration musicale, et c'est à proprement parler
fascinant.
C'est intéressant, mais je ne sais que crier : imposture intellectuelle ou
coups de génie (un peu comme Duchamp à son époque). Le fait est qu'il faut ne
pas avoir les tympans trop sensibles (les miens n'y ont pas résisté) et ne pas
avoir peur de se croire au milieu d'un élevage de Gremmlins.
J'admire néanmoins la démarche et propose le programme des concerts suivants
Programme GRM. Pas de
soucis, même 10 minutes avant, vous aurez des places.
PS : dans la rubrique "Maintenant ou jamais", je suis allée voir
Arcimboldo. J'avoue
n'avoir jamais avant été frappée par un aussi grand nombre de fac-similés dans
une expo...