La serre aux éphémères

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mardi 27 novembre 2007

Ma soirée au Park Hyatt Tokyo


Ce post a failli être un "Eloge à ... mon parrain". Ce sera finalement une "futilité éphémère" qui n'en fut pas moins un réel plaisir.

Tout a commencé sur une boutade du type "Tu sais, dans le style mondialisé, il y a mieux que Starbucks dans le coin. Au fait, tu as vu Lost in Translation ?" J'avoue, je l'avais re-re-re... vu avant de partir, et j'avais bien décidé de vivre la légende, mais peut-être pas aussi exhaustivement.

Dimanche soir, cigare (pour lui) et Dunhill (pour moi) en poche, nous abandonnons donc Choupinette, sa maman et Elmo à Shoto pour nous diriger vers Shinjuku.

Les grands hotels, j'avoue, j'ai un faible... une mauvaise habitude de ma (trop) brève expatriation en Hongrie (mais ne nous dispersons pas). Autant dire que je n'avais rien contre un passage au mythique bar du Park Hyatt Tokyo.

La sortie de l'ascenseur est une plongée, inversée. La porte s'ouvre et vous découvrez à vos pieds ce qui, jusqu'à maintenant, vous faisait systématiquement lever la tête. Vous surplombez une nuée de gratte-ciel, sentiment étrange, il faut l'avouer, de toute-puissance et de domination.

Nous nous installons donc à cette table... (si si, je vous assure).



Il commande une verveine et un trio au chocolat, moi un Assam et un cheesecake. Il fume son cigare, moi mes Dunhill. A travers la fumée, je contemple un incessant ballet de lumières, clignotants rouges et aléatoires, Tokyu Tower si faussement parisienne (autant que moi certainement ce soir-là), trou noir du parc de Shinjuku, ligne d'horizon d'une clarté invitant au respect. Il fait nuit noire et je me sens perdue, égarée entre un film de Miyazaki et une vision digne de Star Wars. Tout cela n'est pas bien réaliste.
Je suis là, en apesanteur, au dessus du quotidien, à planer dans un rêve que je sais d'avance court mais dont je cherche à l'évidence à capturer chaque instant. Nous parlons de tout (et de peu de rien), des Echos et de La Tribune, du FT et de son incomparable "How to spend it", des critiques littéraires de The Economist et de son admirable indépendance éditoriale, des enfants (on comprend), de mon avenir (vaste chantier), du sien (où tant reste aussi à faire), de nos aspirations à tous, des business models qui restent à réinventer, de son chemin pour arriver ici, de ceux qui nous sont chers, de ces plaisirs qui font l'originalité et la valeur de chaque jour et nous font oublier, l'espace d'un instant, cette routine qui nous rattrape. Il y a de tout en ces quelques heures, du beau, du moins beau, du superficiel et des sentiments à la fois (in)explicables et profonds. Car ce qui différencie une situation bien donnée et en fait un moment unique et tellement mémorable est certainement cette conjonction de perceptions qu'on y ajoute.

Toute poésie ayant une fin, souvent tout aussi brutale qu'elle était prévisible, j'en reviens à des détails pragmatiques. J'étais bien décidée à ne pas quitter l'endroit sans les traditionnels souvenirs sérigraphiés (merci mon A.... préféré pour cette habitude ridicule que tu m'as transmise) - Mission accomplie.








jeudi 11 octobre 2007

La beauté du geste


Fin de l'éphémère pour le packaging des 100 ans de Dunhill... mon paquet est redevenu normal.

Ainsi il y a deux ou trois semaines, mon buraliste me donnait-il un packet gris, et non bleu clair, comme d'habitude. Je protestais, étonnée qu'il me propose ainsi un paquet d'extra light (je suis une fille, mais quand même!). Et bien non, pour les 100 ans de la marque Dunhill, j'ai eu droit à un édition limitée (à quelque milliers d'exemplaires, tout de même). S'il est une marque dont on change rarement, c'est bien celle de ses cigarettes. Tout cela ressemble fort à de l'autocélebration.

Voici donc une dose de surprise dans un rituel bien huilé ou comment redynamiser les habitudes de consommation en introduisant de l'inattendu dans la routine.

Pendant trois semaines, j'ai donc goûté (ou fumé) la précarité à chaque cigarette, me demandant à chaque achat quelle serait la "tenue" de mon paquet.

Il n'en reste pas moins tendancieux de célébrer les 100 ans d'une telle marque, bien que ce soit dans la sobriété. Je fume, j'aime ça, c'est mal, je sais. On a tenté d'arrêter, avant de se rendre à l'évidence, il faut arrêter d'arrêter en attendant mieux.

(Mal)heureusement, il y a des gestes et des attitudes ravageurs...

Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's, 1961