Vieille école quoiqu'il advienne, je ne m'étais pas procuré "In rainbows",
le dernier album de Radiohead, je n'avais lu aucune critique portant sur
l'album en lui-même (et non son mode de distribution). Une écoute approfondie
de l'intégrale et du fameux "Eraser" de Thom Yorke était parvenue à me laisser
croire que je découvrirais l'album lors du concert.
Il n'en fut rien. Le 31 décembre, j'ai cédé à la tentation (comme
souvent).
Cet album est une divine comédie. On est invité à y entrer, on chemine
durant deux premières pistes le long d'un chemin incertain, angoissé et
angoissant. Cerbère attend le musicien et l'auditeur. Le choc est rude, aucun
vivant n'en sort indemne.
Dès Nude, le questionnement se fait plus intime, moins violent aussi. Il
nous entraîne dans une chute qui n'est en réalité qu'une errance. Un voyage au
sein de nos névroses, de nos peurs. "Now that you found it it's gone".
Faust Arp est une élévation, un doute né de la mélancolie qui prend les
musiciens aux tripes et les conduit à traverser enfin le Styx. Une tempête se
déchaîne, nous fait regretter la rive dont on vient, qui bien que peu agréable,
avait le mérite d'être connue.
Cette piste est à mon sens l'apothéose de cet album. Un mélange incroyable,
époustouflant, balayant tout sur son passage, une oscillation entre extase et
mal-être selon l'humeur du moment.
Puis arrive Reckoner, l'arrivée sur les Champs-Elysées ou dans le Paradis de
Dante. Une fois de plus, cela ne ressemble à rien de vu, de senti ou d'entendu.
On s'y abandonne, ils nous le rendent tellement bien.
Quant au concept de l'album à fabriquer soi-même, c'est un concept.
Je ne fabriquerai pas mon CD mais le fétichiserai dans son carton.