Une expression qui m'a toujours interpellée : les "arts ménagers"...
Il semblerait qu'ils consistent à transfigurer nos ustensiles de cuisine en
objets d'art, histoire de faire passer la pilule...
Je revendique donc le côté éminemment artistique de ma cuisine, espèce de
centre névralgique (avec le balcon) des soirées chez Lulu.
Avec son mur rouge, qui n'est pas sans rappeler la couleur de la moquette du
bureau..., ses cadavres d'
Absolut transformés en vases, ses étagères emplies
de thés, cafés, épices, théières, et mugs aux dessins plus ou moins avouables,
c'est un capharnaüm où on trouve (presque) tout, du couteau à pain (on suppose)
cinquantenaire, aux
deux cocottes Doufeu en fonte
(la première m'ayant été offerte lors de mon emménagement, l'autre, deux fois
mon âge, donnée par ma grand-mère, qui savait qu'elle ne pourrait me faire plus
plaisir), économes (cadeaux de ma maman...),
tire-bouchon
(offert par mes parents à Noël quand j'étais en Hongrie...), énorme couteau
menaçant, fusil (jamais rendu à la grand-mère, oups), seau à champagne siglé
Martini (souvenir d'un partenariat étudiant avec Baccardi), tablier des
vendeurs Hédiard, meuble TV reconverti en meuble pour les fours...
C'est donc sous le regard attentionné de Garry (souriant sous un gros logo
Télérama), George (non, je n'aurai jamais de Nespresso et tu sais très bien
pourquoi!) et Johnny en pirate équivoque (avec un joli logo de la 'culture en
Lorraine' - allez savoir...) que j'ai proposé un nouveau colocataire à Prosper
(Prosper, c'est mon
robot).
Je lui ai trouvé un petit oiseau dont je rêvais depuis des années... j'ai
craqué... victime du rayon "Arts Ménagers" du
BHV par un samedi pluvieux...
Il s'appelle 9093 d'après son fabricant, a une résistance Stryx (ce qui ne vous
dira probablement rien mais me rappelle des souvenirs professionnels) et est
tout aussi superflu que magnifique. Merci
Alessi.
